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Grappe de Cerises sur le gâteau
ajouté le 10/12/2009

Dicton du jour : Ne pas confondre... avoir les crocs à la Ramirole et avoir les dents de la MareRiol

J'entame ce dernier développement en précisant ma séduction pour ce Verdon outrancier de modernité, porteur de lignes légitimes et naturelles, ainsi façonnées par des ouvertures respectueuses.

Après Pull-Over, je disposais d'encore neuf journées pour me tester sous d'autres formes de pratiques que la diff poussée à mes limites. N'ayant pu me joindre à la planification du groupe FFCAM pour des grandes voies en Sardaigne, j'envisageais d'aligner le maximum de distance possible dans les grands dévers de la Ramirole à partir d'une corde joker de 100m.

Ramirole, Ultime démence

Je commence par un à vue des quatre premières longueurs de Ultime démence. Elles se développent par des mesures courtes, assez différentes par leur technicité, et ainsi équipées, elles s'enchaînent par une composition des L1+L2 en 8a+, puis des L3+L4 en 8b+.

De ces quatre bouts de longueurs, seule la L2 n'oppose pas de gestuelles très intéressantes. La nature n'y a pas laissé une empreinte très singulière. C'est plus une zone de transition entre deux longueurs qui se distinguent. La L1 se conclut par un dièdre arrondi devenant surplombant, dans lequel il ne faut pas craindre de loloter sur la lèvre extérieure (à noter que L1 est une des deux seules voies d'échauff). La L3 est un mur intéressant, permettant de jongler avec deux belles colos. La première moitié de la L4 est une rampe oblique bien dévers sur laquelle il ne faut pas omettre de placer quelques écarts aériens bien stabilisants. Sa deuxième moitié est une navigation dans un mur sans piège. Rendue au R4, j'aurai bien rabouté une deuxième corde pour finir les deux 7c suivant... si le tirage n'était devenu insupportable depuis le virage de la L4.

Les L1+L2+L3 peuvent s'enchaîner avec une 80m sans soucis de tirage de corde en rallongeant ou déclippant les deux virages de relais R1 et R2. La redescente peut se mouliner de n'importe quel point sous R3, car de très nombreux points sont en place. A noter une curiosité de passage sur R3 qui ne se rencontre pas souvent, à laquelle il ne manque que la télé, les pantoufles et l'anisette des gens du sud. Dans l'enchaînement, ce passage de R3 est plutôt délicat. La combinaison L3+L4 est majeure.

Ramirole, ...la So Nice

La voie Ramirole (en mémoire de Marie Laure B) aligne de bien belles longueurs sur une ligne de faiblesse sinuant au milieu d'immenses avancées. Tentée par cet enchevêtrement de plafond, dévers et colos, je me lance dans les deux premières longueurs, enchaînant à vue leur 8a+/b et 8a.

La L1 démarre sur un mur à colos pour venir buter sous une barrière surplombante dont on s'échappe à gauche dans une zone de moindre largeur. On accède alors à une profusion de lignes de colos bien déversantes auquelles il ne manque que des accès depuis le sol. Le passage de transfert est assez physique et gymnique. Il y a là de quoi laisser suffisamment de plumes dans le dynamisé lointain mainD sur une pince, pour ne plus pouvoir s'offrir une belle envolée au relais. Cette longueur est surclasse par sa diversité.

La L2 chemine pour moitié sur un dièdre ouvert puis une rampe et se termine dans un mur à préhensions variées. Si la première moitié est assez aisée, il est à noter un crux piégeant quelques mètres sous le dièdre d'arrivée au relais. Il vaut mieux travailler le plat en vertical si l'on ne veut pas se rappeler au souvenir de la pesanteur. Quant au dièdre d'arrivée à petites prises, il se gagne en pied par petites alternances. Là, le gaz commence à dessiner une ambiance en trois dimensions, et il y a peu de chance de retoucher la planète sur l'étage de départ.

L'enchaînement des deux longueurs n'oppose pas trop de tirage si l'on déclippe par voisinage (aisément et sans engagement) R1 et 2 à 3 dégaines par alternance dans le début de la L2. De plus, pour être sûr de retoucher un jour la planète Terre... la redescente de R2 oblige à mouliner sur un point en deçà du milieu de L2. Une corde de 80m me semble suffisante pour cette stratégie. Hors relais, toutes les dégaines ou longes sont en place. La combinaison est un voyage majeurissime.

Ramirole, par Basse température

Réaliser une cote hors-norme après travail est une approche spécifique de la performance. Ce sont généralement des cumuls de technicité sous forte charge. L'efficacité d'une réussite tient à la qualité de lecture et de modélisation des solutions. Au-delà de cette réussite, il m'est nécessaire qu'il émerge la manière. Peut-être parce que cette manière est une économie de moyens sans laquelle il est probable que je ne pourrais rien enchaîner, mais aussi parce qu'elle est une sensation dont je garde durablement le souvenir.

Après mes à vue en 8a+/b et 8b+ composé sur ce site, et autre 8b il y a peu à domicile, il était peut-être opportun de me prêter à une formes de perf plus réactive qui absorbe mon énergie, au détriment d'une marge de plaisir. Je convoitais un 8b+ os. Le site en propose quelques uns. Je le choisis à priori dans ma filière, une voie de 40m en bon dévers laissant présager d'une certaine conti plutôt technique. Basse température présente un départ que j'imagine plutôt teigneux. La suite se compose d'une série de petites colos aboutissant à du terrain aux préhensions diffuses. Cette section demande probablement de bien gérer l'effort pour disposer d'un temps nécessaire à fouiller les meilleures options. Les détails au voisinage d'un surplomb sont assez peu interprétables du sol. Enfin la fin de voie se termine dans une dalle noire à l'apparence plutôt spartiate. Cette diversité m'inspire et je projette une certaine gestion de mes tempos et comportements techniques.

Jusqu'à p13 sous le surplomb, mon intuition n'est pas démentie. Cette partie implique une conti sous bonne charge avec 2 ou 3 situations plus délicates pouvant engager un peu de rési par maladresse. Le passage de p14 est la section crux. Une fermeture bien relevée du bras gauche, avec le maintien d'une griffe indispensable en pointe pied droit sous le surplomb, permet un dynamisé lointain sur un bout de colo en pommeau-pince main droite. Là, commence le combat lorsqu'il faut lâcher la griffe. Décrire les éléments du crux est simple, mais la résolution fût guerrière, du genre à ne vraiment pas me contenter. La suite se déroule en 3 sections, non pas dans la dalle imaginée, mais dans un mur à colos intégrées dans des sortes de goulottes, indiscernables du sol.

Le challenge d'un 8b+ à vue est réussi, mais franchement, si cela doit se résoudre ainsi, il n'y a pas de quoi se réjouir du style. Il ne me plait pas. A la redescente j'essaye 2 ou 3 autres options. Prises dans l'ordre ou le désordre, toutes mes combinaisons ramènent à la radicalité de ma première impulsion. Je suis déçue de n'avoir rien trouvé de plus harmonieux ou technique, car le reste de la ligne porte la double qualité d'homogénéité et de diversité. Assez souvent, le ressenti d'une résolution technique élégante permet une satisfaction gestuelle plus appréciable... et de revenir s'y frotter. Dans cette section, je n'avais ni la manière, ni même la solution pour y parvenir. Disons qu'une Basse température à la Ramirole reste encore bien... bien chaude.

La Ramirole, les autres folies créatives

Trois secteurs complètent les multi-longueurs pour caractériser l'intérêt exceptionnel de ce site :

  • Entre Ult-D et Pap-Q-D quatre voies se déroulent sur des variations de colos. Les trois de gauche sont 8a+ en 20/25m et développent des extensions en 40/45m plus récentes. La centrale Stone age m'est apparue assez technique et teigneuse, plus dure dans sa globalité que Basse température.
  • La première partie de Tête de morve, une dalle qui se mérite, vaut le détour, mais ultérieurement, elle peut être shuntée utilement dans le cadre d'un échauffement pour d'autres objectifs. La deuxième moitié de cette ligne est très classe. Elle peut se prendre directement à partir de la molaire qui sépare le site en deux secteurs distincts.
  • Au secteur de Feu au culte, les cinq lignes méritent d'être à elles seules visitées, notamment les deux extrêmes. La droite pour l'esthétique irrésistible de deux colos qui s'additionnent. La gauche, bien plus longue, pour aller voir d'un peu plus près ce qui lui fera suite... à n'en pas douter, elle présage d'une quatrième multi-longueur déraisonnable.

Ah ben zut alors, je ne ferai encore pas de rêves ibériques lors de mes congés 2010. A coup sûr, j'en remettrai une ou deux couches, car le Verdon par sa rive gauche ne porte pas que des toiles d'araignées... ou alors, de celles qui vous accrochent bien, incroyablement modernes.

Le topo en image de la Ramirole. Mais pas que, voici quelques repères sur la quatrième étape de la quadrilogie de la rive gauche, le topo de Pantin du néant... pour mes copains les plus avides de spots outside the Rush.

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