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Bilan de saison 2011
ajouté le 13/12/2011

Vous n'aurez peut-être pas la patience d'aller au bout de cette conti mais avec quelques repos bien gérés... prenez place parmi les hirondelles de galetas.

Tristesse et dégout, un préambule de raison, qui force ma nature

A chaque jour me plaçant au pied du caillou, ma convoitise n’a d’égal que ma curiosité et ce caillou me contente. Je le grimpe comme si l’escalade avait été créée le matin même. Chaque premier pas de chaque voie que je choisis, génère sa boulimie d’envie et me donne une raison suffisante d’animer ma motivation. Pour avoir aussi croisé quelques drames me rendant impuissante dans la compassion, je grimpe aussi chaque voie comme si ce run devait être le dernier qu’il m’est offert de grimper. Je grimpe sous l’emprise d’une acuité des sens à fleur de peau. Je grimpe donc comme une morte de faim parce que je n’ai strictement rien à démontrer, et n’ai rien à devoir. L’escalade ne me donne pas la liberté, mais elle me rend libre de la choisir hors des schémas convenus et complaisants. Je grimpe juste pour le plaisir.

Je ne grimpe donc pas pour faire les choux gras, de telles presses, ni pour crédibiliser tel autre site web, ni même pour plaire à tels partenaires d’aventure. Les premiers, dans le meilleur des cas, peuvent s’en nourrir parfois, ou non, avec professionnalisme. Les troisièmes, mes partenaires, et je risque d’en surprendre plus d’un, ne demandent rien et se sentent simplement complices d’accompagner les membres de leur « team », leurs permettant en cela de signer parfois quelques belles empreintes symboliques. Pour nous, il leur arrive même de concevoir des rencontres improbables en des lieux dépassant le contentement et l’imagination.

... Quand au deuxième, je vous emmerde poliment Monsieur, et vous n’aurez jamais ni mon respect, ni ma considération. Si vous me touchez, ce n’est que par la peine profonde que j’ai pour les amis qui me connaissent sur le terrain... et parce qu’ils me connaissent, chacun de ces derniers vous le rendront tôt ou tard. Mes réalisations sont ce qu’elles sont, et vous n’y changerez rien. Je les décris sur mon seul blog, pour que les uns ou les autres ne se diluent pas en picorant ici ou là des copier-coller, proférés ni plus ni moins à la manière de sourates. Dés lors chacun donne l’écho qui le représente. Ce dégoût que vous m'inspirez ne vous légitime pas plus à être dans mon bilan de saison qui image les hauts et les bas de ma passion.

Bilan de saison 2011

Cette année, je concluais ma première année en école d’ingénieur. Cette scolarité m’aura permis une disponibilité essentiellement limitée à la compétition. Je n’ai pu, comme je l'aurais souhaité, m’adapter aux diverses opportunités de regroupements évènementiels. Je n’ai été présente qu’au rassemblement du Cimaï tuteuré par EB, ainsi qu’au regroupement Petzl pour une descente spéléo d’une profondeur rivalisant nos plus hautes parois alpines.

Objectifs en compétition

  • Etre capable d’une rivalité internationale
  • Gagner une étape de Coupe du monde
  • Me placer sur le podium du championnat du monde d’Arco
  • Tenir la saison de compétition internationale, par ses 10 étapes

Je me suis organisée et me suis donné les moyens d’une disponibilité à l’échelle de la saison de compétition, soit 20 week-end ou longues périodes assimilés. Au terme de cette année 2011, je me dis que j’ai à la fois perdu mon temps et l’opportunité du championnat du monde d’Arco. Le suivant, Bercy 2012, me permettra-t-il de mettre une empreinte sur le seul symbole en compétition qu’il me reste à flirter ? Pas si sûr !!!

Compétition pour le meilleur

Par le passé, je rivalisais sans trop de partage avec les meilleures grimpeuses d’aujourd’hui. Ces deux dernières années, je pensais que leurs leaderships tenaient à leur engagement quasi exclusif pour la compétition et la résine. J’ai donc cette année, choisi de sacrifier plus singulièrement mon attirance pour le milieu naturel, et donc de consacrer un temps qui me paraissait opportun à la résine, en vue de l’objectif de l’année : Le championnat du monde d’Arco.

J’aurais apprécié pouvoir conclure une belle réussite en compétition, en remportant un podium international avec la manière. Je ne l’ai pas pu. Ma préparation de début de saison fût pourtant exigeante dans l’intensité. Je passe sur les souffrances réelles qui accompagnent mes entraînements. Je ne les choisis pas, mais les accepte. Symboliquement, je m’octroie en résine un 8c et un 8c/+, et de très nombreux cumuls de 8b et 8b+, ce qui au-delà de la cote, m’avait permis de me situer sur une capacité de rési, longue de 60 mouvs. Je ne l’avais encore jamais fait. Au-delà d’une 2nde place à Osaka et un accès à six finales en coupe du monde, j’ai l’amer sentiment d’être passée à coté de la saison à laquelle je me suis très singulièrement préparée. Au titre des bénéfices, il ne me reste que la satisfaction d'un engagement choisi et total.

Japon, Osaka dans l'ombre de Fukushima

Au lendemain de Fukushima, ma participation au master d'Osaka me confrontait à un sale sentiment de voyeurisme, doublé de futilités, bref d'illégitimité. Imprégnée de ce trouble, j'ai cédé à cette invitation de participation. Je visais une place de podium pour laisser l'une des trois plus grosses primes de tous les temps, (1 000 000yen, 400 000yen, 250 000yen) au service d'une aide aux enfants frappés par l'arbitraire confrontation des humeurs de la terre et de la faiblesse des hommes. J'ai les tripes encore nouées de n'avoir pas pu rivaliser la première marche de podium. Je terminerais à la seconde place. En 2009, je dénonçais l'arbitraire injustice dont Kim avait été la victime au classement général de la coupe du monde, mais là, au lendemain de cette catastrophe nucléaire, je l'ai trouvé plutôt « flat », au pays d'un soleil levant qui ne brillera plus tout à fait pareil, d'autant que nous y étions invités, et prises en charge. Comme il me paraissait évident de repartir les poches vides, c'est le cœur modestement en équilibre que je me suis amusée de la raideur des quelques courbettes nippones de la croix rouge locale. A mon retour, dans le cadre de mes études, je choisis également de m'engager dans un stage industriel de six mois dans un laboratoire de recherche... d'AREVA.

Jordanie par le détour de Petra

Partir en compétition internationale n’est pas toujours une sinécure logistique ou un enrichissement culturel. On passe un temps inouï dans les transits entre gares ferroviaires, aéroports, taxi et bus, le tout pour 28 minutes de grimpe dans le meilleur des cas (6+6+8+8). Pourtant la coupe du monde en Jordanie relevait de suffisamment de séduction pour que je l’évoque dans ce bilan. PETRA fût un havre d’imagination, à chaque pas, sur toute la longueur des deux faces de son canyon. Je fus absorbée par la lecture d’une infinité de faisabilité d’ouverture. L’imaginaire s’est juste perdu un temps lorsque j'ai passé les portes à colonne de l'entrée du temple principal. Taillée au cœur de la falaise, l’intérieur révèle une simple salle cubique sans distinction d’ornement, ni méandre secret. Sortant de celle salle, j'ai replongé dans le brouhaha de la plèbe touristique que nous constituons. C’est finalement peut-être bien que l’UNESCO l’ait classé, car je n’ai pu m’empêcher d’imaginer aussi l’amalgame des vociférations polyphoniques des grimpeurs de tous poils, pour une zippe, pour une cupule qui se rétrécit, ou pour rien du tout. Ce haut lieu est finalement bien sans nos humeurs de prédateur.

Je n’y ai pas vu non plus Indiana Jones.

Conditions d'entraînement : Juste merci à vous

A une époque où la trivialité, souvent négligente ou insultante, est une pratique de référence sur le web, moi j'en profite pour remercier. Je remercie des responsables fédéraux pour avoir mis leur expertise d'ouvreur international au service de mes entraînements. Merci aussi à mon sponsor Volx ayant mis à ma disposition suffisamment de prises pour que s'ouvre deux voies de super longue rési, 120 mouvs, typées finales internationales. Je remercie aussi d'avoir été aussi élégamment accueillie sur les murs d'Arnas, Beaune et son club Question d'équilibre, Baumes-les-Dames, et Voiron, sans que jamais soit évoquée la moindre forme de redevance. La barre de la rivalité internationale est suffisamment haute et engagée, pour que ces arguments matériels trouvent leurs pertinences, et toute la mesure de leur soulagement. Je suis juste intimement très déçue de n'avoir pas pu rivaliser et mettre une belle touche finale à cette conjugaison des motivations des uns et des autres.

Compétition, pas pour le pire

Crise du logement

Mon premier commentaire est relatif à la modification du règlement 2011 précisant la suppression d’une super-finale en cas d’égalité parfaite jusqu’au terme de la finale. J’accepte tous les termes d’un règlement, ou je ne m’y prête pas. Ceci dit, être sur la plus haute marche au terme d’une confrontation sportive est la fraction d’une histoire qui ne peut et ne doit pas se partager. Ces quelques secondes à 1 mètre du sol témoignent de notre investissement et justifient très intimement les raisons qui nous poussent à aller plus loin. La victoire est futile et, à mes yeux, sa représentation est à l’image d’une scène du Grand Bleu (film de Luc Besson). La première marche d’un podium tient exactement dans le ruban de couturière qu’Enzo tend en reconnaissance à Jacques pour l’avoir devancé d’un mètre de profondeur, après 120m d’apnée. A la fois insignifiant, et unique. Toute autre colocation de la marche est pour moi l’usurpation d’un mérite. Quant à la sonorité d’un hymne national, il va falloir s’inventer une cacophonie austro-germano- sino- nipo-hibéro-slavo-française.

A un état de fait trouvant son unique fondement dans la gestion d’un planning lié aux exigences médiatiques (TV) ou politiques (VIP), il va falloir aussi s’adapter dés 2012 à sa rustine, qui prévoit un départage, par le temps de réalisation de la finale, voire peut-être de la demi finale. L’intérêt que je trouve à l’exercice, que je n’ai plus à démontrer, trouvera probablement là, mon désintérêt pour une pratique sans liberté, ni créativité, sauf à ce que les voies deviennent intelligemment insortables en finale. Messieurs les ouvreurs... en dernier lieu, il VOUS appartient de faire la pluie ou le beau temps, en évitant aussi que le classement soit quasi établi en demi-finale pour plaire à la seule « rassurance » de l'organisateur. Notre discipline doit pouvoir encore se distinguer par un peu de liberté et de créativité.

L’état de grâce ... mais pas pour les grasses

Mon deuxième commentaire devait trouver une expression commune avec une autre compétitrice française, devenue avec le temps une copine que j’estime. Je préfère en assumer distinctement la teneur, et vous partager ma réflexion et mon amertume. Au-delà des commentaires à deux balles, j’accepterai volontiers les critiques constructives, car j’aimerais qu’il en ressorte des décisions responsables et des prises de position qui profiteront aux compétiteurs et compétitrices qui prendront notre succession.

Lorsqu’en 2008, à Bercy, je me suis confrontée à certaines filles, et leur état, j’espérais que l’évidence visuelle suffirait à faire se mobiliser les responsables de l’IFSC et les fédérations nationales, pour que la compétition assure la fonction dont elle se réclame : discriminer les aptitudes techniques entre les compétiteurs (trices). Son règlement doit non seulement prévoir le cadre d’évolution et les règles de discrimination, mais aussi garantir l’équité des moyens. Depuis l’incident ambigu de Chamonix, et à l’appui d’une empreinte fédérale française, des dispositions de contrôles antidopage aléatoires ont été mis en place. Got et Moi avons même fait partie de la tournée inaugurale. Il reste que le dopage n’est pas qu’affaire de produits ou champignons magiques. Sa définition précise aussi des procédés et des techniques dont on est fréquemment informé par les travers d’autres sports.

... et je vous mets au défi

Je vous mets au défi de trouver les analogies physiques qui s’observent en escalade, dans des sports au niveau international, tout aussi physiques et continus que la diff : la gymnastique, la natation, le judo, l’athlétisme, pour ne citer que les plus médiatisés. Il est très difficile de se représenter le manque de poids parce que nous ne sommes généralement pas confrontés à ce trouble. Pour en comprendre la teneur, comparez votre aptitude sur une voie de difficulté raisonnablement accessible, dans votre état sportif de référence, puis aborder cette même voie avec un lest de 5 à 10 kg supplémentaire réparti uniformément sur votre corps. La masse étant additive, se soustrayant ou s’additionnant, elle occasionne des incidences, tant du point de vue dynamique, qu’énergétique. Ces incidences sont bien plus contraignantes qu'un simple effet de pesanteur. D’une manière très basique, 10kg gagnés sur un poids moyen de 50kg pour une fille, représentent une économie de moyen (effort), ou un gain de potentiel (énergie) de 20%. Encore plus trivial, sur 60 mouvs, cela représente 12 prises. Lorsque la différence ne se joue en moyenne qu’entre 1 à 5 prises, les unes se battent vraiment et n'accèdent que très rarement au podium, alors que les autres se contentent de bourriner, pouvant même, c'est le plus fou, s'autoriser à palier leurs erreurs sans préjudice, 3 à 5 fois par run... avec en plus les encouragements et applaudissements d'une foule conquise. Il faut comprendre que les difficultés auxquelles nous nous essayons ne sont pas les mêmes pour toutes les compétitrices. Je ne tiens pas à pourrir telle fille ou telle autre, car le règlement charge les fédérations de faire le ménage à domicile, mais les victoires et leurs vitrines rendent aveugle à l’anorexie, je parle là d'anorexie contrôlée. Ces filles-là n’avaient jamais rien gagné préalablement, et sans tomber dans le voyeurisme déplacé, il faut tourner la tête ou les observer avec des lunettes aux verres dépolis pour ne pas les voir et s'en troubler.

Personnellement, il ne me convient pas de dire que tout attentat physique ou physiologique à sa personne aura des conséquences. Pour la grande majorité d’entre nous, la compétition a lieu aujourd’hui, et pas dans dix ou vingt ans. Je me sens dépossédée de mes intentions, volée, car je préfèrerais m’arracher par la rivalité qu’on me connait et pour les exigences techniques qui me séduisent, même si je ne devais jamais plus accéder à la première marche. En cela, et par cela seulement, j’aimerais juste savoir ce que peut être ma vraie marge d'évolution. Là, je n’en sais rien, peut être un peu, parfois, grâce à Johanna, lorsque les voies sont trop techniques pour les « premières ». Je précisais que le compteur de mes constats démarrait en 2008... déjà 4années se sont écoulées, et pourtant, je n’ai pas non plus l’impression d’avoir baissé mon « régime » d’entraînement. Vraiment pas !

Cette compétition-là ne peut être qu'engagée. Elle est lourde d'investissement et d'abnégation. La rivalité est des plus accrochées, car les compétences et capacités sont partagées comme jamais. Ce sont là des raisons suffisantes pour que la question soit solutionnée autrement que par des sollicitudes conviviales ou des positions de bistrot.

Il faudra vous garder de m’en vouloir ...

Au bilan, je ne suis pas sûre que cet investissement de chaque instant, de presque chaque réflexion me tienne encore longtemps au corps et à l’esprit, sous cette forme. Et si les fédérations restent tétanisées par la perspective des confrontations qui doivent être les leurs, alors vous saurez tous, qu’il me reste, à moi aussi, l’option d’un procédé dont il vous faudra porter la responsabilité, et la honte dans laquelle un certain nombre ne craignent pas de se tailler des costumes pendant l’hiver, pour des bénéfices de printemps, d’été et jusqu’à l’automne d’une saison de compètes. Il faut bien mesurer à quoi l’on se confronte dans cette perspective de compétition, et ce, d’autant que ces compétitrices sont annuellement payées pour ne faire que s’entraîner et se « conditionner », et disposent de conditions hallucinantes de prise en charge. En l’état, la barre de la rivalité est-elle encore accessible ? Moi je vais probablement investir dans la feuille de chêne, la frisée et la laitue… et sans sauce, comme l’a dénoncé récemment une presse écrite responsable.

Quant au profit de l'anorexie en milieu naturel dont certains médias font encore une fois des sapins de noël, sans en préciser les nuances... à chacun la mesure de sa responsabilité.

Meilleurs résultats en compétition :

  • Victorieuse de la coupe de France 2011 ( co-victorieuse avec Hélène Janicot)
  • Championne de France senior de difficulté 2011 (11 ième titre national)
  • 2ième au Master d’Osaka
  • Accès à 6 finales en coupe du monde
  • 4h 08min de grimpe en 40 journées consacrées à la seule compétition des 10 étapes de coupe du monde.

Objectifs en milieu naturel

  • Diversifier mes lieux de pratique
  • M’installer raisonnablement dans un niveau référent
  • Réaliser une objectif de longue date

Lourmarin, même par gelée matinale

En février, je découvre Lourmarin, et la séduction a opéré : étonnant et surclasse. Les aficionados locaux ne s'en étonnent probablement plus, mais l'infinité des strates verticales, range ce lieu au patrimoine des singularités aberrantes et époustouflantes que produit la nature. A cette époque de l’année, je ne disposais pas de conditions d’entraînement très adaptées à la diff soutenue, mais la qualité du lieu, d’une lecture très en phase avec ma grimpe, aurait pu me permettre de signer une très belle croix dans les L1-L2 de Surdose. Je m’y blesse pour une zippe, retenue d’un bras. Encore à chaud, je la croiterais en un essai. Ce qui deviendra une élongation douloureuse, me tiendra toute ma semaine de présence. D’autres voies, à vue, d’autres bijoux , dont le Pouvoir de la chate, ou l’interminable Ritzou, m’auront donné envie d’y rechausser la gomme. Je ne peux évidemment pas faire moins, et pas plus, que d'imager quelques arabesques numériques et provoquer votre curiosité.

Chamard , pour l’hiver, mais aussi le printemps tardif

Au printemps, je découvre Chamard. Sous l’impulsion d’un copain chambérien très actif, la Balme-de-Yenne se décline à présent en recto-verso. Face nord pour l’été et plus spécifiquement face sud pour les lendemains de pluie et la période hivernale. Ce nouveau spot se prend à partir du parking du pont suspendu, juste avant le camping de Yenne. L’approche redescend la rive droite du Rhône originel. Vous croiserez un barrage très bruyant, puis une gravière de gros galets, à 5min du site (20 min de marche horizontale depuis le parking). On y trouve principalement des voies dans le 8ième degré, jusqu’à 8c, présentant toutes au moins un mouv très morph. La poignée de voies d'echauff, dans le 7, sont courtes et plutôt teigneuses. Les voies sont repérées sur le site. Pour les cotations, à chacun la relativité de ses sensations, et dans tous les cas, il faut aller toucher. Ce spot offre réellement un potentiel hivernal. A noter qu'en fin de printemps, l'ombre couvre la face vers 14h30. Deux à trois lignes présentent des gestuelles très élégantes, dont Riche du temps, un must.

Un anniversaire, suspendue au dessus du Verdon

Toujours à l'ombre de la même rive gauche du Verdon, je croite les 3P (Pan, Piano, Perfo). Encore une fois, je dois ce moment d’intense satisfaction à la vision du même homme, Bruno Clément. Je me suis souvent interrogée sur ce qui fait l’exception d’une ligne. La chance, le hasard, la pertinence ? Dans le Verdon, la quasi-totalité des bijoux que j’ai pu croiter, sont des créations de Bruno, ou de ses deux acolytes, Antonin et Christophe. L’acuité de sa vision des possibles conjugue certainement l’expérience et une audace incroyablement pertinente. Les lignes sont des monuments, avant tout autre argument. Les voyages qu'elles occasionnent sont des challenges qui m'envoutent et m'isolent. Les gestuelles y sont époustouflantes. Les cotations de ses voies ne sont qu'une conséquence secondaire. C'est en tout cas, comme cela que je vis la plupart des voies de Bruno, auxquelles je rajoute quelques-unes de celles de Laurent Triay en d'autres lieux.

Pour moi, aborder les 3P, c’est un peu partir pour un voyage itinérant dont on ne sait pas gérer toute la destinée, où chaque jour suffit à sa découverte. C’est un peu s’isoler du monde, où la durée du voyage fait nécessité. Après un petit run de curiosité en 2009 et 2010, je me sens enfin en phase pour lui consacrer le prix de cette patience. Je disposais de 3 semaines, et au final je lui consacre 7 jours effectifs de grimpe. Je la réalise cette fois en 9 runs consécutifs dont seulement 6 ont abouti au relais. J’aurais pu la sortir au sixième run, mais l’intuition d’une économie gestuelle me fera échouer juste avant la jonction de Pull-Over (Pue l’ovaire). En cela je me convaincs de ma méthode, car mon intuition gestuelle m’embarquait dans une faillite en pieds. J’enchaînerais la suite, malgré une méthode provocante et hasardeuse dans le tout dernier crux, disons dans l'apnée d'une fuite en avant. Je le recale à la redescente par une autre méthode déjà longuement travaillée et me convaincs aussi qu’une méthode très surnuméraire en main en 7 mouvts, vaut mieux que l’option d'un dynamisé radical en 3 mouvts pour les grandes tailles. Le savoir et s'astreindre à le faire sous la pression d'une intense difficulté, doublée de l'imminence d'une fin de challenge, est un effort de volonté pas si simple à tenir. Ainsi ressenti, je savais dés ce sixième run que je pouvais décrocher cette réussite.

Il m’aura fallu encore attendre quelques jours et encaisser les aléas de 2 runs avortés, des runs, disons huilés. Mes pensées et mon impatience furent aussi glauques que l’humidité relative de ces journées-là. Qu’il est dur de ne pas se démobiliser, de ne pas succomber à la fébrilité de la frustration. Le 18 août, le jour de mon anniversaire, les premiers trous beurrés d’une « pâte lichéneuse » des jours précédents sont tenables. J’enchaîne les sections que je me suis construite entre les « meilleurs » repos, sans perdre le moindre des délayages intermédiaires, pour finalement clipper le relais, me libérant simplement de cette sur-concentration. Je n’en revenais pas d’avoir aussi calmement solutionné un tel cumul de gestuelles exigeantes, physiques et époustouflantes. Comblée par la voie, j’ai la faiblesse de l’être aussi, à retardement, par le symbole. Encore un merci à Bruno. Là, il faudra p’t’être que j’prenne le temps de m’fouler d’une bouffe du coté d’La Palud.

Je suis évidemment très fière d’avoir porté la pugnacité féminine à la hauteur d’une telle ligne.

Au passage, il me reste la traversée de l'arche en 8a+/b et je serai « croix du secteur intérieur de la grotte ». Je reviendrai donc encore à Galetas, d'autant qu'il me reste deux murs dalleux en 8b+ à l’amont, que nous devons à l’imagination d’Antonin. Un premier run en 2009 sur l'une d'elles, me les fait savoir d’un type que les moins de 30ans n’apprécieraient pas du tout... disons typés très, très Verdon, mais je peux me tromper.

St Guitou et sa Bertane

Ne disposant que d’une semaine de congé début mars, je choisis d’aller embrasser « Bertane ». Je la retrouve le long du 43°43’43" de latitude Nord, et elle m’a dit : Dans « la biographie de Guilhem », « puisses-tu trouver pourquoi tu es venu ». J’y ai décelé que la « Manipulation du désir » conduisait à la « Transmigration de l’âme »... J’ai bien retenu aussi de son conseil qu’il me fallait « Du cyanure pour les vampires »...

La multiplicité de mes séjours dans ce vallon me conforte dans l'idée de laisser chacun découvrir par lui-même son privilège, préservant ainsi son potentiel de déferlements polyphoniques. Le chapelet de mes descriptions dans mon blog, ou dans telles voies ou telles autres, devrait aider à situer une information minimum, et utile.

Cimaï m’était conté

Pour la deuxième année consécutive, EB s’est investi dans la revalorisation du Cimaï, accompagné d’une bande de motivés. Terrassement et ouvertures de nouveaux secteurs sont offerts à cet « EB on the Rock ». Cette nature de mélange des genres et des publics me séduit. Paëlla géante, convivialité et Contest de voies sont au menu. Je m’y offre une vingtaine de très belles nouvelles lignes… et un combat interminable et mémorable dans Consensus sur un mouv morph, et un plaisir dalleux des plus homogènes dans Nanouvarair. Cette dernière venait d’être ouverte par une pointure locale qui avait mon âge lorsqu’il croitait trente ans plus tôt avec… mon père. Cela m’a touché d’être « encordée » avec lui, et si je ne dis pas de bêtise, d’en faire la première, et à vue, assurée par son auteur. Je tâcherai d’être là pour la troisième édition.

Des p’tits trous, des p’tits trous, mais parfois presque sans fond

Nous pouvons être particulièrement avertis de l’engagement et des exigences que nécessite une discipline sportive poussée à certaines de ses limites. Je pense que raisonnablement mon expérience de l’escalade m’y autorise. Mais se transposer dans un univers engagé aussi différent que le jour et la nuit, ce n’est pas sans une réflexion imprégnée des appréhensions que suscitent nos chimères nocturnes. C’est aussi, un peu, se retrouver loin dans l’espace, avec la représentation d’un vide qui vous tient à distance du retour. Je ne sais pas si nous avions la moindre légitimité à être ainsi projetés dans l’un de nos plus historiques gouffres français, mais Petzl nous a donc réunis à -1100 mètres sous le Vercors pour nous parler de choses et d’autres. Ainsi vont les intentions et attentions de nos partenaires : Faire se rencontrer des individus éparpillés par la diversité de leurs motivations. Nous nous sommes arrêtés à l’ouverture du siphon « terminal ». Le Gouffre Berger a donc gardé sa part de mystère et c’est bien ainsi. La remontée valait aussi son pesant de tractions, par autant d’innombrables remontées de cordes fixes... +1100m. Moi qui m’ébouriffe l’esprit de voir la diversité géologique de nos falaises, je me suis gavée des visions improbables qu’offre la spéléo. J’en suis ressortie 18heures plus tard, complètement conquise...et fourbue. J’ai été également séduite par l’éthique de cette pratique, récupérant la totalité des équipements et effets, jusqu'à la dernière plaquette, alors que nous, à l’air libre, nous négligeons nos falaises par l'abandon de mégots, straps, bouteilles et autres souillures. Classe et spectaculaire cette discipline.

Meilleures réalisations en falaise :

Mes dispositions pour la compète m’amènent au constat que je ne réalise en 2011 que 20 voies 8a et plus, dont 7 à vue. Soit à peine la moitié des années passées. Ce n’est finalement pas la bonne manière d’équilibrer mes entraînements. Au final, je réalise plus singulièrement :

  • 1 voie 9a , 2ième féminine de l’histoire à réaliser un 9a
  • 1 voie 8b+/c ( probable 8c )
  • 4 voies 8b+
  • 5 voies 8b dont une à vue

La voie des 3P intègre évidemment mon Best-of

Bilan 2011

  • Je suis soulagée de n’avoir encore souffert d’aucune blessure sérieuse.
  • Je suis très fière et super contente d’avoir conclu mon projet à Galetas.
  • Je regrette très intimement de n’avoir pas pu cette année me joindre aux copains du groupe FFCAM.
  • Je me sens assez frustrée de n’avoir pas plus parcouru la falaise.
  • Je remercie encore une fois celles et ceux qui m’ont accueillis et permis de diversifier ma pratique sur leur structure, plus particulièrement les clubs, de Baumes-les-Dames, Question d'Équilibre de Beaune et Vertige d’Arnas.
  • Je remercie encore toutes celles et ceux qui m’accompagnent depuis de nombreuses années par la pertinence de leur soutien. Etre libre de toute contrainte ou redevance est probablement un luxe. Vous me l’adressez et j’en témoigne. Je suis juste triste pour la bêtise qui se joue de la responsabilité et tente de vous prendre en otage. Merci à vous, Petzl, Beal, EB, Prana et Volx.
  • Merci aussi aux deux rédacteurs de la revue Grimper, pour s’être prêtés à l’investigation des désinformations qui se nourrissent d’elles-même ( Dans un prochain Blog, je développerai les arguments dont je dispose, ainsi que mon point de vue, s'agissant de « l'affaire Durif » ). Je suis d’autant plus épatée que des communicants, commerciaux, puissent être à ce point intellectuellement honnêtes et responsables. Vous parliez d’ostracisme à mon encontre ? A l'inverse, ne m’en veuillez pas pour mes réserves médiatiques de ces dernières années, mais il m'est plus simple d'être sur le terrain, plutôt que de m'encombrer des humeurs nauséeuses de gens que je ne vois jamais.
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