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Mes douze bougies @ un mètre . sol
ajouté le 31/05/2012

A 21ans, chui déjà une ancienne

Ben ça fait le douzième titre national... et ça me fait penser que les années passent. Je ne les ai pas vraiment vu s'étioler. C'est que peut-être elles fûrent bien remplies, riches de bien belles expériences. Au bilan, ce sont 7 années en Senior, 7 podiums pour 4 victoires, dont 3 consécutives. Cette année, même les copines de ce strapontin éphémère, par leur age, m'ont aussi rappelé la longueur de ces années au contact de la compète. Les ch'tites miss ont mis leur propre compteur en route et se rappelleront peut-être à leur tour dans quelques années, que d'autres jeunettes ont émergé pour venir leur guerroyer quelques centimètres sur le podium. Peut-être, éprouveront-elles ce ressenti que nous sommes plus (+) riche de notre effort et de sa manière... que de l'altimétrie d'un Podium et ses vitrines.

La manière de ma Lolo me plait bien et sa place quelque part sur les étages d’un podium était attendue, tout comme pour Ti-thom. Concentrés, appliqués, déterminés, sans autre stratégie que de dérouler leur meilleur niveau sans se désunir. Prêts à s’engouffrer dans la brèche offerte par la moindre erreur ou inattention de leurs aînés (ées). Au dernier stage-équipe, ils s’étaient déjà distingués par de beaux comportements lucides et combatifs. La réussite de Lolo, est de n’avoir pas craqué à quelques prises du Top, sans fuite, ni excès. J'ai bien aimé le moment où j'ai pu partager le podium avec Laura et Julia. Ça ne leur était pas acquis d'avance vu le nombre de capées tricolores dans cette finale, mais elles l'ont fait. Elles me rappellent qu’en 2006, à mon premier championnat de France senior, c’est moi qui occupais la 2ième place avec l’intention de gagner une marche l’année suivante... Je suis donc avertie. Quant à Cécile, je suis très impressionnée de la savoir toujours là, avec une motivation intacte, que la longueur de l'expérience ne lasse pas. Une victoire ne se fait pas toute seule, ni ne se satisfait d'un hold-up, elle n'a de sens que par la rivalité de ces copines, bien présentes.

J’ai aussi été hyper-déçue pour Hélène qui a fait une de ces malheureuses erreurs, excessivement frustrantes, auxquelles nous confronte la compétition un jour ou l’autre. Entre ce genre d’erreurs et les blessures, je me suis suffisamment coltinée de peines, pour ne pas être touchée par cette contre-perf, d’autant que j’aurais apprécié sa rivalité en super-finale. Ses entraînements légitimaient cette confrontation. Dans ces moments-là, il n’y a généralement que peu de monde pour vous soutenir... et le fardeau est à chaque fois aussi lourd, In-supportable.

Enfin, la victoire de Romain est bien sympa. Elle est acquise et n'est plus à espérer. La réussite de certains copains ou copines, se vit parfois comme une libération. Je suis contente pour lui. Plaisir aussi du retour gagnant de Fabien, après tant d'année par le détour du bloc, le voilà redevenu lactate dans une finale de Diff. Il était déjà là en 2004, à Edinburgh, à me soutenir pendant... et me porter après... ma première victoire au Monde minime. Ça laisse des traces pleines d'estime. Je suis tout autant touchée par la contre-perf de Got, ou celle de Kev. La compète a ses exigences qu'elle n'oublie jamais de nous rappeler au détour de chaque prise. Depuis des années nous passons du temps ensemble, et la compète éprouve chacun d'entre nous du seul fait d'un surdosage furtif ou d'une incompréhension toute aussi éphémère. En cela, les contre-perfs des uns ou des unes me peinent, car pour chacun d'eux, et chacune d'elles, l'escalade même en compète, est un mode d'expression qu'une erreur futile muselle sans indulgence, ni rattrapage, inhibant la totalité de nos espérances et investissements.

Début de saison, version 2012

De mon coté, la saison 2011 ne m’avait fait commencer mes entraînements de Diff qu’à la mi-mars, avec l’ouverture d'un nouveau mur sur Baume-les-Dames... à 40 km du lieu de mes études. La saison 2012 a donc commencé 5 mois plus tôt et s’accompagne également d’un calage plus éprouvé de mes études en école d’ingénieur. Le changement de rythme fût moins déstructurant. De plus, par leurs sollicitudes, les clubs de Beaune en Bourgogne (question d'équilibre) et de Baume-les-Dames en Franche-Comté, me permettent d'assurer des séances soutenues. Durant les week-end hivernaux, le club d'Arnas n'est pas en reste de m’accueillir, et je suis bien contente de leur partager aussi cette victoire, presque un peu beaucoup... à domicile.

J’avais depuis déjà quelques temps des repères de formes et d’efficacité, tant sur résine qu’en falaise, tant en entraînement qu’en stages-équipe, ou encore par le détour du master d’Osaka - Japon. Malgré cette confiance, chaque run de ce championnat n’avait pas le même enjeu. Dans la demi-finale, j’ai tout bétonné car j’avais tout à perdre par rétro-procédure. Je me suis donc imposé un sur-contrôle de chaque mouv ou placement, mais je ne me suis jamais trouvée en difficulté. En finale, j'étais là pour me faire plaisir, et dérouler la grimpe pour laquelle je me suis préparée. Je tiens un Championnat de France pour ce qu’il est, et ce n'est pas une étape galvaudée dont on peut se passer, ne serait-ce que pour la légitimité qui en résulte, de représenter en équipe de France, les 71 féminines sélectionnées lors de cette édition. Je venais aussi, pour défendre mon titre et je ne néglige jamais la pertinence de mes adversaires, fussent-elles de bonnes copines, si complices soient-elles. Bien qu’ayant adapté quelques nuances à ma préparation en vue des rencontres internationales à venir, les jeunettes nationales montent fort, et peut-être même sont-elles à l’affut de la moindre opportunité d’une erreur de leurs aînées, alors grâce à elles, je m'emploie avec plus de pertinences.

Une fois engagée dans l'enceinte de compétition, je n’ai plus d'état d'âmes. Je suis dans ma bulle, hermétique, concentrée sur mon job, les sens tout à la grimpe. J'ai abordé la voie de finale avec l'envie de mettre en œuvre ce que j'ai travaillé de nouveau pour diversifier ma filière. J’attendais cette échéance pour me conforter de n’avoir pas investis des entraînements rigoureux, sans en tirer une rassurance. Je ne me suis jamais sentie dans le doute. J’ai tout juste un peu trop serré les dernières prises! Il me restait 1'30 en arrivant au petit repos final (enfin je crois que s’en était un), alors j'ai bétonné les 4 derniers mouvements et re-kaké sur chaque prise. Cette plaque finale aurait pu être un poil plus teigneuse techniquement, tout en préservant le morphotype de nos p’tites cadette et junior.

Pour la suite, je crois savoir sur le terrain, qu'à chaque run suffit son lot d'investissements.

Épilogue... ou pas

Voilou, le Roi est mort, vive le Roi... ou peut-être pas. Pas si sûr que je puisse me joindre à la prochaine édition...

Je serai très loin, mais je ferais tout pour... tout pour assurer le mérite d'une rivalité à mes ch'tites copines.

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