Ski hike, Briançon, France

AWLT - Grèce

24 novembre 2017

Notre tour du Monde de 18 mois a débuté en Grèce, le 31 août 2017. La Grèce n'était pas censée faire partie du planning quand nous regardions les lieux et les dates. Mon doctorat devait se terminer en juin 2017, mais nous avons préféré avoir une «période de sécurité» au cas où j’aurais un peu de retard dans mon travail. Nous avons donc défini un début de voyage en novembre 2017, avec l'Australie. À l'époque, nous n'avions aucune destination européenne dans notre calendrier. J'ai mis les bouchées doubles, parfois de 07h du matin jusqu'à 20/22h ou plus tard dans la nuit. Ainsi, avec le " trip " comme motivation, j’ai fini d'écrire mon manuscrit début mai. Nous savions alors que nous pourrions commencer le voyage dès septembre, et c'est pourquoi nous avons ajouté la Grèce comme premier spot, plus spécifiquement le site de " Kyparissi ".



J’ai visité cet endroit en octobre 2016 lors d'un trip d’équipement / grimpe avec la FFCAM. J’en suis revenue émerveillée par le potentiel d’équipement et par ce bel endroit reculé, ainsi que charmée par la " dolce vita " à Cavo Kortia. C'était un endroit où il fallait revenir, à deux cette fois-ci.

LE COMMENCEMENT

Notre voyage a commencé en France, chez moi, d'où mon père nous a conduits à l'aéroport de Lyon pour un vol dans l'après-midi. Nous avons enregistré 55kg de bagages chacun, et avons transporté nos bagages à mains (certainement plus lourds que la norme autorisée) à la douane, après un dernier bisou à mon père. Entre excitation et un peu de nostalgie prématurée, c'était le début de notre longue aventure ensemble avec Josh.

Nous sommes arrivés à Athènes en fin d'après-midi, et Alexandra, notre hôte Airbnb, est venue nous chercher pour nous emmener à notre studio pour une nuit de sommeil rapide. Le matin, elle nous a déposés à l'aéroport, où nous avons récupéré notre voiture de location et avons pris la route pour 3h au sud, pour notre destination.



Kyparissi est un petit village en bord de mer sur la côte est du Péloponnèse, la péninsule au sud d'Athènes. Pour l'atteindre, il faut rouler la dernière bonne heure sur des routes sinueuses, au milieu des collines et des champs de citronniers. L’arrivée sur Kyparissi offre une vue en hauteur sur les maisons blanches couvertes de leurs toits rouges. En arrière-plan, la mer Méditerranée à l’infini, parsemée de quelques îles, est ourlée par de nombreuses plages de galets et colorée d'une eau bleue turquoise.



Quand nous sommes arrivés, en milieu d'après-midi, nous sommes allés directement à l'hôtel Cavo Kortia, avec qui j’avais échangé quelques emails pour réserver notre séjour. J'étais ravie que la propriétaire, Nectaria, me reconnaisse de ma précédente visite. Cependant, en raison d'une mauvaise compréhension dans les emails, nous avons dû passer nos trois premières nuits à l'hôtel Alkyoni, un peu plus bas sur la route. Un peu de déception passée, nous n'aurions pas pu être plus satisfaits de cet appartement intermédiaire, entièrement meublé avec une jolie petite terrasse et vue sur la mer, qui était à 5 min à pieds seulement.


Pour nous habituer au voyage, à l’endroit et à la température (35 ° C à l'ombre), nous avons d'abord grimpé au secteur Watermill, qui est probablement le secteur le plus évident car on le voit facilement depuis la route, et c'est seulement à 5min d'approche. Ce large mur orange est composé de milliers de colos et de stalactites, tout comme la Grande Grotta à Kalymnos. Après quelques échauffements et avoir tous les deux enchainé un 8a cool appelé "Zarax", nous avons essayé "Ya Kyparissi Ksésec" 8a+ et "Sang de Méduse" 8b. Ces voies étaient très belles et pures, mais nous nous sentions incapables de les enchaîner, souffrant un peu de la chaleur et de la fatigue du voyage, du moins c'est ce que nous espérions!


Le jour de repos suivant, nous avons déménagé d'Alkyoni et avons emménagé à Cavo Kortia, où nous avons répandu nos affaires partout pour nous ressentir comme à la maison. Il n'y avait pas de vue directe sur la mer depuis notre chambre, nous devions marcher 5 mètres pour la voir... pas un gros problème. C'est un endroit calme, très beau. Le lieu est fait de pierres et de murs tout blancs immaculés. Avec les gens qui nous ont accueillis ici comme dans leur famille, nous nous sentions à notre aise : Helena la femme de chambre, Nectaria la copropriétaire, Sarado (alias Forty) le serveur, et tous les autres visages que nous avons croisés tous les jours. À la fin de ce premier jour de repos, en partie passé sur une petite plage de rêve, nous savions déjà que nous étions là où nous voulions être, ici à Kyparissi.


BABALA – GRIMPE ET EQUIPEMENT

En arrivant à Kyparissi, notre principale motivation était d’équiper au secteur Babala. Lors de notre première marche d’approche, nous avons transporté la plupart des points et matos pour équiper. Nous voulions quand même grimper pour commencer. Nous sommes donc allés à droite de la falaise, où nous avons apprécié de grimper le 8a + sympa " Octoplus ". Ensuite, j'ai vraiment voulu retourner à " Partage de l'adage " un 8b que j'ai équipé l'année passée avec Mathieu Bouyoud et que je n'ai pas pu enchaîner dans les conditions d'humidité du moment. Nous avons donc traversé toute la falaise dans l'autre direction, nos yeux rivés sur les murs au dessus de nous pour repèrer des lignes attrayantes à équiper. Après une première montée pour me remémorer l'intention que portait notre équipement, je l'ai directement enchaîné et Josh a donné des essais prometteurs. Les jours suivants, nous n'avons pas pu résister de commencer à équiper une ligne que nous avions repérée.

Equipement

Pour commencer à équiper, Josh s'est d'abord rendu au sommet de la falaise à partir du relai de «Partage de l’adage ». Il a posé une corde statique dans une ligne que nous avons longuement scrutée, environ 300m vers la droite. Le secteur de Babala est très pratique pour l’équipement, car il a une grande terrasse situé à environ 50m de haut, accessible à pied à partir de l'extrême droite de la falaise, permettant un équipement de haut en bas bien pratique. Nous avons passé quelques jours sur cette ligne, à équiper et nettoyer, et nous avons même vu un scorpion blanc transparent sur le mur derrière une écaille décollée. Une fois cette ligne nettoyée, je suis retourné au sommet de la falaise et j'ai déplacé la ligne statique de 5-10m vers la droite et nous avons donc commencé à équiper une deuxième voie. Ces deux voies partent d'une terrasse commune bien commode, où nous avons laissé notre matos dans un arbre tous les soirs. En retournant une pierre pour rendre la terrasse plus confortable, Josh a trouvé un plus grand scorpion noir, en réaction défensive, prêt à attaquer. Considérant ces deux scorpions vus à quelques jours d'intervalle, nous avons décidé d'appeler notre terrasse " The Scorpion Ledge ", la première ligne « Tarsus Manus » (le nom de leurs pinces) et la deuxième ligne « Scorpio ».

  • Tarsus Manus

Cette voie commence par de grands mouvements, des prises décentes et un mur très raides, assez pour nous donner les bouteilles et nous exténuer, à bout de souffle. Ensuite, commence une section intense, encore plus raide, d'environ 12 mouvs, très précis, à engagement sur de petites prises inversées, suivis de gros mouvements sur colos, jusqu'à un bon repos en coincement de genou. La voie reste ensuite assez résistante, mais se calme techniquement et devient de moins en moins raide. Nous avons choisi cette ligne pour la grande esthétique de la voie, faite d’un double rails de colos à grimper sur quelques dégaines, passant sur quelques sections à trois colos, et finissant à nouveau sur deux colos.



Nous avons passé deux jours à équiper la ligne, le surplomb du bas prenant le plus de temps. En raison des colos, le nettoyage nous a pris deux jours complets aussi. Pendant les deux semaines qui ont suivi, nous y avons consacré plusieurs séances, entre re-nettoyages, équipements et escalade. Nous avons résolu chaque mouvement dès la première session, et avons commencé à faire de bonnes liaisons sur la deuxième partie. La première partie est restée assez intense malgré des perceptions toujours plus informées, et nous avons toujours dû nous arrêter une ou deux fois sur le crux le plus teigneux. Nous avons définitivement pensé que ce serait au minimum 8c, et après l'avoir travaillée spécifiquement, j'ai vraiment pensé que ça pouvait aller jusqu'à 8c+, en raison de l'intensité de cette partie inférieure, suivie de l'endurance de la seconde partie. Nous avons dû attendre le dernier jour du voyage, quand les températures ont baissé un peu, pour finalement imaginer enchaîner le premier crux depuis le sol. J'ai conjuré le sort de ces exigences et l'ai enchaînée le 24 septembre. Pour la cotation, avec des températures un peu plus basses, nous nous sommes finalement mis d'accord sur un solide et sérieux 8c.


  • Scorpio

Cette voie démarre sur de gros amalgames de colos, vraiment attrayants et faciles à atteindre. Ils mènent à un petit « espace vide », un « no hold’s land » où le mur est le plus raide, constituant là une sérieuse section crux, suivi de ce qui nous a attiré depuis le sol, une épaisse mono-colo, suivie d’autres petites colos plus haut. Nous avons eu la chance de trouver un rocher très compact jusqu'au sommet, offrant une belle dalle sur du rocher gris pour atteindre le belay. Globalement, la voie est d'environ 32m. Au final, nous avons tout résolu. Seul le crux me résiste dans l’enchaînement. Le temps et la force n'étaient plus assez présents pour conclure ! C'est un projet ouvert, et celui qui veut s’y atteler comblera mon plaisir d’y avoir autant œuvré… il pourrait même y avoir encore quelques traces de magnésie ! Nous pensons que c'est au minimum 8c+… me connaissant dans cette nature de technicité, la continuité de son accumulation pourrait probablement nuancer cette perception.



  • Sequoia Love

A la fin de l’approche pour Babala, il y a environ 200m de sentier plat, qui nous ont donné l’opportunité de lever les yeux sur la falaise. Imprégnée personnellement à vie par la magie de certains chefs d’œuvre d’ouverture, plus particulièrement sur la rive gauche du Verdon, ou encore du coté du Verdus, je suis à la recherche d’une belle ligne que nous voulions visuellement tentatrice, naturelle et logique. Une longue et épaisse colo unique sur la moitié supérieure de la falaise a capté notre attention. Cette ligne bleue parfaite se situe à peu près au-dessus de l'endroit où le sentier passe un petit portail. Encore une fois, nous avons dû traverser le sommet de la falaise, et cette fois-ci, nous y sommes allés tous les deux, car la ligne était un peu difficile à trouver. Après une fausse tentative, nous avons choisi le bon arbre pour descendre en rappel et sommes arrivés, à la fois fébriles et très impatients, juste au sommet de la colo que nous visions. Nous avons été encore plus séduis et impressionnés par cette parfaite ligne bleue. Reste à ce que la gestuelle soit à la hauteur de la qualité visuelle de cette singularité géologique. Cette belle voie nous a occupés pendant trois jours : un jour pour l’équiper, un jour pour la nettoyer et un jour pour l’enchaîner, l’un après l’autre, en l’estimant 8a... tenant ainsi toutes ses promesses.



Encore plus de grimpe à Babala

Après avoir passé beaucoup de temps à nous laisser séduire par les voies de la « Scorpion Ledge », nous avons décidé de retourner à l'endroit où nous étions le premier jour, dans le « Partage de l'Adage » 8b, afin que Josh puisse la réessayer. Un premier essai pour mettre les dégaines et se rappeler les mouvements lui ont été suffisants. Il a clippé la chaîne sur son deuxième essai après une bataille épique, mais récompensée. Bien plus bloqueur que lactate, Josh commence à enchaîner des voies de diff dure, dès ce voyage en Grèce.. Je ne peux m’empêcher de nous projeter plus tard dans des enchaînement de big Wall du coté de Madagascar ou de la Namibie. Perso j'ai parcouru " Watt Didier doux " 8b+, une belle colo unique que les frères Dechamboux avaient équipé pendant notre trip avec la FFCAM. A l'époque, les conditions étaient humides, ne laissant que peu de chance à l’enchaînement de cette colo plate à faible texture. Cette fois-ci, les conditions étaient bien meilleures, ce qui m'a permis de signer la première ascension de la voie, la confirmant à 8b +.


JOURS DE REPOS AUTOUR DE KYPARISSI

Les plages


Nous pourrions dire qu'il n'y a pas beaucoup d’activité pour les jours de repos à Kyparissi. Ceci dit, il serait difficile de se plaindre, quand il s’agit de choisir une plage, déposer sa serviette sur les galets et aller nager dans la Méditerranée. Il y a profusion de plages le long de la côte et la plus proche est à 10min. Pour aller à notre plage préférée, il faut prendre la route comme pour aller au parking de Babala. Juste après le dernier virage avant le parking, prendre le chemin de terre qui descend pendant environ 25min. Se garer où on ne peut plus descendre en voiture, sous un olivier. Marcher alors 3min jusqu'à cette petite crique d’un autre monde, parfaite. La chance était de notre côté, nous avions des masques et des tubas que nous avons achetés au petit supermarché de Kyparissi, et nous avons pu faire de la plongée dans une eau de cinéma, parfaitement translucide.


Monemvasia

C'est absolument un must à voir si vous êtes à Kyparissi. Nous avons entendu parler de cet endroit par le hasard d’une discussion à la terrasse d’un restaurant pendant un jour de repos Nous avons entamé la causette avec une dame allemande,dont la fille venait à notre table pour jouer. Nous échangions quelques bonnes infos sur les environs quand elle nous a fortement recommandé " Monemvasia ", le décrivant comme « un vieux fort sur une péninsule ». Nous y sommes allés lors des jours de repos suivants, en commençant par un trajet d’1h15 environ. Par la route que nous avons pris, nous avons atteint la péninsule par son côté Est. Notre attention fût captée par la très grande forme que nous avons observée de loin, une péninsule délimitée par des falaises hautes et abruptes, au sommet desquelles on pouvait deviner la forme d'une vieille batisse.


En se rapprochant en voiture, lors de la traversée d'un pont vers la péninsule, nous étions prêts à faire une longue marche jusqu'au sommet. Au lieu de cela, nous nous sommes heurtés à un long mur avec une petite porte voûtée. Passant la porte à pied, nous avons trouvé de l'autre côté un vieux et très beau village fait de petites rues étroites avec de la décoration partout. Nous n’avons pas pu nous empêcher de nous promener pendant des heures, allant de ruelles bien entretenues à des sentiers au milieu des ruines.


Nous avons finalement cédé à nous asseoir sur une petite terrasse pour un délicieux déjeuner. Repus, nous nous sommes aventurer en direction de la mer. Le long du mur de la forteresse, dressé tout le long de la côte, une autre petite porte voûtée nous a amené au niveau de la mer, sur une belle plate-forme aménagée au milieu des blocs de rochers rugueux. On y trouve une échelle de piscine descendant dans la mer. Nous avons tous les deux succombé à sauter dans l'eau et nager loin de la côte. Nous nous sommes retournés pour réaliser à quel point nous étions dans un endroit unique et fou, chanceux de pouvoir nous imprégner de ce genre de lieux improbables.


Nous avons poursuivi notre balade jusqu'au sommet de la péninsule, où un site archéologique a été laissé ouvert au publique, nous donnant une belle vue sur la ville… et sur un horizon lointain et diffus invitant à d’autres aventures. Il est incontournable de consacrer une longue journée « rest-day » à ce lieu d’un autre monde.


RENCONTRE AVEC LA COMMUNAUTÉ GRECQUE LOCALE

Journées de tournage à Kyparissi

Avant le voyage, nous étions en contact avec " Aris Theodoropoulos ", probablement le grimpeur et équipeur grec le plus célèbre et le plus actif. Ce visionnaire est l'un des ouvreurs / précurseurs de l'immense spot de Kalymnos. Nous nous sommes organisés quelques jours ensemble, afin de filmer une sorte de vidéo promotionnelle pour Kyparissi. Aris est arrivé avec Katie, son épouse, et leur ami George. De plus, Andreas Markou, d'Athènes ,photographe professionnel et grimpeur, s'est également joint à nous pour être le cameraman des quelques jours.


Pour le film, nous sommes allés dans des voies des principaux secteurs autour de Kyparissi. Nous avons découvert deux nouvelles falaises, « Kastraki » juste au-dessus de la ville, et « Kapsala », 15min au nord le long de la côte, juste à l’aplomb de la mer. Nous sommes également retournés au premier de nos secteurs visités, « Watermill », où nous avons eu l'occasion d'essayer à nouveau « Medusa’s Blood » 8b. Avec environ 10 ° C de moins et beaucoup plus d'endurance que lors de notre première visite, la voie m’est apparue bien moins compliquée, et nous l'avons enchaînée tous les deux, avec Josh. Notre jour le plus singulier avec l’équipe était probablement quand nous avons pris un bateau pour aller à « Vlychada », un petit secteur au dessus d'une plage, à environ 30min de mer au sud de Kyparissi. Nous y avons grimpé des classiques, comme « Tuffa Tango »… et explorer des environs prometteurs.


Coaching et talk à Athènes

Entre un ferry et un avion, nous avons passé une soirée à Athènes, ce qui fut une super occasion pour nous de rencontrer l'équipe locale de jeunes à EOS Acharnon, dirigée par Anastasio. Nous avons passé quelques heures à grimper avec eux et avons été très impressionnés par leur motivation ! Ensuite, nous avons fait une présentation, accompagné d'un diaporama et de quelques vidéos pour un public plus large. C'était agréable de voir des gens venir nous entendre et partager notre expérience ! EOS Acharnon nous a également laissé dormir sur les tapis dans la salle de grimpe, ce qui était assez pratique pour réorganiser et emballer toutes nos affaires.


DECOUVERTE DE TINOS

Lors de la planification de notre voyage, nous voulions vraiment suivre "un plan", pour ne pas manquer les bonnes périodes pour certains endroits. Mais nous nous sommes toujours dit: "gardons ça ouvert", juste au cas où nous aurions des opportunités sympas en chemin, qu’il aurait été dommage de manquer. La première opportunité n'aura pas perdu de temps ! Nous avons demandé aux locaux s'il y avait du bloc en Grèce et ils ont mentionné quelques petits spots autour d'Athènes. Puis Katie a ouvert grand les yeux, comme si elle avait une grande idée et a dit « Tinos, l'île ». Elle l'a décrite comme de grandes collines couvertes de rochers, dans une petite île des Cyclades, à l'est d'Athènes ... Nous avons donc un peu modifié nos plans en Grèce, et avons réservé un ferry pour y passer nos 2 derniers jours, et c'était vraiment une idée ahurissante ! Nous sommes arrivés la nuit et avons rencontré « Manthos », un ami d'Andreas, qui nous a passé un deuxième crashpad et quelques indications pour camper près de l'une des zones de grimpe « Vorax ». Quand nous sommes arrivés à l’endroit conseillé, nous n'avions aucune idée du paysage car il faisait nuit, et nous avons installé la tente dans un endroit plat, curieux de voir les environs au matin. Qu’avons-nous ressenti quand nous nous sommes réveillés et avons regardé dehors? Impressionnés serait un euphémisme.


Nous faisions face à des milliers et des milliers de blocs, tous répartis sur de grandes collines aussi loin que nous pouvions porter le regard. Ni l’un, ni l’autre n'avions vu auparavant une telle concentration de blocs. Nous avons l’un et l’autre pas mal bourlingué autour de la planète, perso sur plus de 180 sites de grimpe et nous nous sommes confrontés aux récits et ouï-dires de tous nos copains, tout autant que de quelques-uns des plus avertis ou émérites grimpeurs, mais ça ! nous n’en avions pas même l’imagination. La seule comparaison visuelle serait de rendre adjacentes toutes les images de Rocklands, en Afrique du Sud. Nous n'avions pas de topo et ne pouvions pas en trouver un sur place, fusse-t-il d’une autre époque, ancienne, écrit par des allemands. Cependant, à moins d'une centaine de mètres de nous, il y avait une grande clairière plate avec des blocs évidents, alors nous avons jeté les crashpads et grimpé pour avoir une idée du caillou. Un ami de Manthos, « Antoni », nous a rejoints pour l'occasion juste avant qu'il aille travailler.

Nous avons chacun saisi un crashpad, bourré de nos caméras et de notre matos de grimpe, et avons commencé à naviguer autour des collines les plus proches pour trouver des blocs. Au final, nous étions tellement submergés par des possibilités semblant illimitées, que nous sommes retournés à la première zone où nous avions repéré une belle arête coupée au couteau. Nous l'avons nettoyé et l'avons grimpé juste avant le coucher du soleil.


Quelques peu déstabilisés par notre impuissance à savoir par où commencer, nous avons décidé de rouler plus au nord, pour voir une autre zone le lendemain et capitaliser de l'information. Après un trajet de 30 minutes, sur une route de terre, raide en descente, nous nous sommes garés, à côté d'une plage. Nous y avons installé la tente et fait à dîner. Au matin, nous avions de nouveau une belle vue, cette fois-ci sur la mer et de beaux rochers blancs adjacents.


Nous sommes allés faire un repérage matinal au milieu des rochers et avons trouvé une belle ligne à développer. Nous sommes revenus sur place avec nos crashpads et avons cédé à nettoyer cette ligne très jolie, à quelques mètres de la mer. Nous l’avons appelé « Sea Goats », 7a+.

Voulant atteindre des rochers plus haut dans les collines, nous avons pris la voiture pour 10 minutes et avons commencé à marcher à flanc de coteau. Nous avons de nouveau identifié beaucoup de potentiel près d'une zone très pittoresque, traversée par un petit ruisseau passant à proximité. Il la fait ressembler à une oasis, avec beaucoup de verdures et quelques marres.


Une fois de plus, nous avons été submergés par la quantité de blocs autour de nous, impuissants à pouvoir nous repaître de nos envies d’ouverture en si peu de temps. Ne voulant pas subir la frustration qui en découlerait, nous nous sommes contentés de finir notre escapade à Tinos par un peu de tourisme. La visite en valait vraiment la peine, au travers de quelques villages typiques, ressemblant à des cartes postales, avec leurs murs blancs immaculés, soulignés par des fenêtres et portes bleues.



Dans l'ensemble, nous avons passé deux jours formidables sur cette île, avec une volonté profonde de revenir, pour une période beaucoup, beaucoup … plus longue !


AU REVOIR GRÈCE

Pour résumer: nous aimons la Grèce ! Nous avons vraiment tout aimé de notre séjour, les gens que nous avons rencontrés, les spots où nous avons grimpé, ceux visités, et l'ambiance que nous avons ressenti tout le temps. C'était une manière très séduisante de commencer le grand voyage. En même temps, ça a placé la barre très haute pour les destinations suivantes, donc nous avons décidé que ce serait la destination « vacances avant le voyage » et nous ne le comparerons pas aux futures étapes!


Compte tenu de cette expérience et des nombreux sites d'escalade que nous devons visiter ou revisiter en Grèce, une chose est sûre… nous reviendrons, chargés d’envie !

Vidéo du trip


Carnet de belles croix

Tufa Tango, 7b

Zarax, 8a

Sequoia Love, 8a

Octoplus, 8b

Medusa’s blood, 8b

Watt Didier Doux, 8b+

Tarsus Manus, 8c

Connaissant assez bien les spots de grimpe sportive de la zone Grèce–Turquie, je fais peut-être une erreur stratégique de le formuler ainsi, mais Kyparissi sera, à terme, l’une des « place-to-be » des années à venir.

Nourriture préférée

Zuchini balls - Salade grecque - Agneau grillé - Papoutsakia - Ekmek Kadaifi - Baklava